mercredi 26 août 2026 - 14:10
Le grand Ayatollah Sobhani expose sa vision des finalités de la Charia

Hawzah/Lors d’une intervention en marge des sessions des enseignants de l’École d’été « Dar al-Ilm » à Machhad, le grand Ayatollah Jaafar Sobhani a présenté son analyse de la notion de finalités de la Charia et de son rôle dans l’interprétation et l’élaboration des règles du droit islamique.

Machhad, Iran (A.P.Hawzah) –Le grand Ayatollah Sobhani a rappelé que cette notion avait notamment été développée par Abû Ishâq al-Shâtibî au VIIIᵉ siècle de l’Hégire, avant d’être reprise plusieurs siècles plus tard par Ibn Achour. Cette approche vise notamment à prendre en compte les objectifs généraux de la législation islamique face aux nouvelles questions auxquelles la société est confrontée.
Il a expliqué que les finalités de la Charia sont traditionnellement réparties en trois catégories : les nécessités (darûriyyât), les besoins (hâjiyyât) et les éléments de perfection (tahsîniyyât). Les nécessités concernent notamment la préservation de la religion, de la vie, de la raison, de l’honneur et des biens.
L’ayatollah Sobhani a toutefois insisté sur les limites de cette approche dans la méthodologie de l’ijtihad chiite. Il a souligné que le juriste ne peut pas déterminer de manière arbitraire la cause d’une prescription religieuse à partir de son propre raisonnement. Une telle démarche relève, selon lui, du « takhrîj al-manât », qui n’est pas admissible lorsqu’il repose sur une simple déduction personnelle.
En revanche, lorsque le Coran ou les traditions établissent explicitement la cause d’une règle, celle-ci peut être appliquée à d’autres situations présentant la même cause. L’ayatollah Sobhani a ainsi distingué entre la cause explicitement établie par les textes (‘illa mansûsa), qui peut servir de fondement à l’extension d’une règle, et la cause simplement déduite par le juriste.
Pour illustrer son propos, il a cité plusieurs versets coraniques et traditions, notamment ceux relatifs à la prévention de l’inimitié et de la haine dans la société, ainsi qu’à l’interdiction d’insulter les divinités des polythéistes lorsque cela conduit à une atteinte aux croyances religieuses.
En conclusion, l’ayatollah Sobhani a souligné que les « finalités de la Charia » ne sauraient être utilisées comme un moyen d’interprétation subjective des prescriptions religieuses. Selon lui, leur utilisation dans l’ijtihad doit rester fondée sur les sources religieuses et sur une méthodologie juridique rigoureuse.

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